LES TRANSPORTS

A la fin du 19ème siècle, le bourg de Dives a quelques activités portuaires et possède une attractivité commerciale, notamment avec son marché sous les Halles du samedi matin. On arrive à Dives par la route, la mer puis, signe de modernité, par le chemin de fer. Cet équipement sera d'une importance cruciale pour le développement des stations balnéaires voisines et pour la métamorphose de la bourgade en cité ouvrière.


La ligne Mézidon - dives et la gare

Le 5 Août 1865, une première réunion se tient à Cabourg au grand hôtel pour décider de la création d’une ligne reliant Mézidon à Dives afin de desservir les stations balnéaires de Cabourg et d’Houlgate. Près de 400 personnes y assistent. Le tracé définitif est fixé en 1866, mais des difficultés liées à la guerre de 1870 et les faillites successives des deux concessionnaires reportent à 1879 la fin des travaux réalisés par le Conseil Général.

L'inauguration de la gare de Dives en 1879 est l'occasion de Fêtes Vénitiennes.

 

« Pendant les vacances scolaires, fin des années 20 et début des années 30, je venais chez ma grand-mère rue de l’Avenir. On prenait le petit Decauville à Caen pour la direction Ouistreham, on changeait à Bénouville pour la direction Cabourg et le train s’arrêtait juste après le pont sur la Dives, tout près de la gare de Dives-Cabourg où il y avait une remise en bois ».

Denise Poix

La gare - Coll Quetron
La gare - Coll Quetron

Ligne Dives - Deauville - Coll Quetron
Ligne Dives - Deauville - Coll Quetron

La ligne Dives - deauville

La liaison entre Deauville et Dives-Cabourg devient une évidence pour conforter le développement économique lié aux bains de mer. Le Conseil Général réalise rapidement la liaison entre les deux villes de la Côte Fleurie. Les difficultés possibles du tracé sont évitées : on choisit un tracé entre mer et marais en dehors des marais de Villers et Blonville. Il faut consolider le passage au pied de la Butte de Caumont, le Mauvais Pas. Dives est alors rattaché à la grande ligne Paris-Cherbourg par deux lignes secondaires. Sur cette seconde ligne qui deviendra prépondérante, l'usine de Dives finance un embranchement pour son approvisionnement en charbon et en cuivre et l'expédition de sa production.

 

« C’était le quartier usinier avec ses odeurs âcres de fumée, le sifflement des trains de marchandise et les coups de sirènes. La barrière de notre cour donnait directement sur la rue et la voie ferrée. Je passais de longs moments derrière ces barreaux à regarder les trains ».

Jacques Sergeff


Le tramway décauville

Le 5 Septembre 1891, le Conseil Général déclare la construction par la Société Décauvillle Ainé. Des lignes à écartement de 60 cm utilisant des tractions à vapeur avec des rails posés directement sur la chaussée. Ce petit train, part de la gare de Dives-Cabourg, franchit le pont de Cabourg, et dessert des petites stations des communes côtières à une vitesse qui n'excède pas 25 km/h. Après le pont de Bénouville, sa voie se scinde en deux branches : l'une continuait vers Ouistreham et Luc, l'autre rejoignait Caen.

La ligne Caen - Bénouville - Luc sur mer – Dives est restée en fonctionnement jusqu’en 1944.  

 

« Le train s’arrêtait juste après le pont sur la Dives, tout près de la gare de Dives-Cabourg où il y avait une remise en bois »

Denise Poix

La station du tramway à Cabourg - Coll Quetron
La station du tramway à Cabourg - Coll Quetron

Le port  vers 1900 - Coll Quetron
Le port vers 1900 - Coll Quetron

Le transport maritime

Le port, remanié dans les années 1880, recevait des bateaux de commerce. Après la construction de l'usine en 1891 et l'aménagement d'un appontement en 1909 le trafic du port de Dives passe d'un millier de tonnes à 13.000 en 1911. L'approvisionnement en charbon venait d'Angleterre par trois-mâts tandis que le cuivre, en provenance d'Amérique du sud, transitait par Le Havre et était acheminé par le voilier L'Espéranto. Entre les deux guerres, un caboteur L'Enseigne Fleury  assurait le trafic entre Le Havre et l'usine de Dives. 

 

« Avant 1939, les bateaux du Havre amenaient du cuivre en lingots qui venait de l’étranger, les cargos étaient trop grands pour entrer dans le port et de petits caboteurs allaient chercher le cuivre, je me rappelle en particulier du "Fleury" ».

Alexandre Hesloin




Mémoires d'une cité ouvrière, Dives-sur-mer - 1891-1970

Association "Un fleuve pour la liberté, la Dives"

Dives-sur-mer - Normandie