l'eau

Pendant longtemps les cités n’ont pas eu l’eau courante. Il fallait aller la chercher à la borne - fontaine, une corvée souvent réservée aux enfants. Les pompes étaient situées au bout de presque chaque rue, il fallait soit tourner soit appuyer pour les activer. Les seaux et les brocs faisaient partie des accessoires indispensables !


Rue du Château d'eau - Coll Guyon
Rue du Château d'eau - Coll Guyon

les sources

Dans les années 1900, l’usine a acheté des sources dans la campagne, à Cresseveuille et Danestal. Moyennant une convention passée avec la ville, celle-ci est devenue propriétaire des sources et la gestion a été confiée à l’usine qui avait besoin de l’eau pour assurer son fonctionnement. Les premières conduites d’amenée de l’eau ont été posées par l’usine avec des prisonniers allemands de la Grande Guerre. La ville a créé son service des eaux en 1953 et a effectué des grosses opérations d’adduction un peu avant 1960.

 


l'eau au quotidien

L’eau réservée aux usages domestiques, cuisine, vaisselle, toilette, ... provenait des pompes situées au bout des rues. Elle était apportée à l’aide de seaux et de brocs. Le linge souvent bouilli sur le fourneau était rincé à la pompe ou au lavoir, lieu de rencontre et d’échanges qui pouvaient parfois être vifs si l’ordre n’était pas respecté. Les eaux sales étaient versées dans la rue ou dans le jardin.

 

"Sur le toit des trois châteaux d’eau des cités blanches, il y avait des éoliennes qui pompaient l’eau du canal pour alimenter les toilettes des cités blanches. Avec le vent, ça faisait beaucoup de bruit."

Alexis Duponchel

 

 

La pompe à eau de la rue Sainte Cécile - Coll Charpentier
La pompe à eau de la rue Sainte Cécile - Coll Charpentier

Le canal - Coll Le Callonec
Le canal - Coll Le Callonec

le canal

Le canal séparait les cités du centre ville historique où les écoles et de nombreux commerçants étaient installés, des ponts permettaient d’assurer la liaison. Les éoliennes des châteaux d’eau pompaient l’eau du canal pour alimenter les toilettes des nouvelles cités. Dans les années 60, le canal devenu insalubre a été busé et recouvert par des tonnes de sable provenant des dunes. Après avoir servi de terrain de jeux pendant une dizaine d’années, une « bretelle d’autoroute », le boulevard, Maurice Thorez, l’a recouvert.

 

"Les abattoirs déversaient beaucoup de déchets dans ce canal. Certains jours, nous qui côtoyions celui-ci, nous étions incommodés par les mauvaises odeurs."

Wanda Defossez


les inondations

Certaines rues comme la rue Sainte-Cécile étaient régulièrement inondées lors des grandes marées. En avril 1944, les Allemands ont bloqué les vannes du canal pour inonder les marais. De nombreux parachutistes alliés s’y sont noyés le jour J. Les habitants se souviennent également de la mer gelée lors d’hivers particulièrement rigoureux en 1954 et 1963 et d’une rupture de la digue en 1973.

 

"Pendant la guerre, les Allemands avaient  bouché le canal aux vannes du port avec des sacs de ciment, l’eau a donc été haute dans le canal pendant la guerre."

Alexis Duponchel

 

 © J. Poppé
Les filles du CET - Coll Poppé




Mémoires d'une cité ouvrière, Dives-sur-mer - 1891-1970

Association "Un fleuve pour la liberté, la Dives"

Dives-sur-mer - Normandie