Mémoire Ouvrière de Dives-sur-Mer

Pendant un siècle, la présence d'une usine d'électro-métallurgie à Dives a rythmé la vie des Divais. Le bourg qui comptait 1450 habitants en 1891 est passé à 5400 habitants en 1930 avec l'arrivée de familles venant de Pologne, Russie, Maroc, Italie...

Trente ans après la fermeture de l'usine, nous sommes allés à la rencontre des anciens pour recueillir leurs témoignages !


L'ancien port de Dives - Coll Quetron
L'ancien port de Dives - Coll Quetron

La présence du port est déterminante dans l'histoire de Dives.

Dives, une longue histoire

A la fin du 19ème siècle, Dives est un petit bourg rural doté d’un port connu pour son histoire liée à Guillaume le Conquérant. En 1066, le Duc de Normandie prépara ses armées dans l’estuaire de la Dives pour partir à la conquête de l’Angleterre avec 8000 guerriers et 1000 embarcations. Les édifices historiques classés de la ville gardent la trace de cette histoire ancienne. Mais alors que les villes voisines de Cabourg et Houlgate se tournent vers le tourisme balnéaire, la destinée du petit bourg de Dives bascule. En 1891, le site du port est choisi pour la construction d’une usine de métallurgie spécialisée dans l’électrolyse du cuivre. Pierre Eugène Secrétan y apporte un brevet venu d’Angleterre et en devient le fondateur.


L'usine

L’installation de « l’Usine », comme l’appellent les Divais, va transformer durablement la ville. Des logements sont construits sur les bords de la Dives pour les familles des ouvriers qui arrivent d’abord de Normandie puis de l’étranger pour faire face aux besoins croissants de main d’oeuvre. La population passe d’environ 1450 habitants en 1891 à 4500 en 1930 dont 1400 étrangers. Les nouveaux quartiers sont séparés du vieux bourg par un canal qui traverse la ville. De nombreux commerces se développent à proximité de l’usine, les besoins en écoles explosent. L’usine achète des sources dans l’arrière-pays assurant l’arrivée de l’eau dans les cités, elle offre des services à sa population ouvrière, coopérative, cinéma, douches, infirmerie, clubs de sport, colonies ... et met à disposition des locaux pour les différentes communautés, école polonaise, chapelle orthodoxe.

L'usine - Coll Quetron
L'usine - Coll Quetron

Avec la première guerre mondiale, les femmes entrent à l’usine où elles sont employées à la fabrication d’obus. 


Port Guillaume - M. Dehaye - Avuedoiseau.com
Port Guillaume - M. Dehaye - Avuedoiseau.com

Avec Port Guillaume, la ville s'ouvre au tourisme.

Port Guillaume

Des accords sont passés avec la Pologne pour faire face au déficit de main d’oeuvre.  Au plus fort de sa production en 1939, l'usine emploie près de 3000 personnes. Après avoir changé plusieurs fois de nom, l’usine devenue Cégédur a perdu son indépendance ; quand elle rouvre ses portes en 1945 elle est intégrée dans un groupe industriel.

En 1967, elle rejoint le groupe Péchiney sous le nom de Tréfimétaux. La fermeture définitive intervient en 1986 alors que l’usine employait encore 1000 personnes.  Port Guillaume, quartier résidentiel et port de plaisance, a pris place sur le site même de l’usine en 1990. Reconversion réussie,  un pôle industriel et commercial s'installe au sud de la ville.


Témoignage

"Mon père est arrivé de Pologne en 1929, sa famille de mon père comportait plutôt des gens de l’administration et des instituteurs, ma mère venait d’un milieu plutôt rural, elle l’a rejoint peu après. Quand ils sont arrivés, mes parents ne connaissaient pas un mot de français. Nous étions 4 enfants, 2 filles et 2 garçons.

Dans les cités, tout le monde m’appelait « Mariche », c’est comme cela que ma mère prononçait mon prénom.

Mes parents parlaient trois langues, le français, le polonais et aussi l’allemand, pendant la grande guerre, les Allemands avaient envahi la Pologne et y étaient restés 3 ans. Ils nous parlaient en polonais mais entre frères et sœurs nous avons toujours parlé français. Ma mère parlait très bien le français et elle lisait le journal sans problème."

Marjan Adamiak



Un plan interactif : Dives 1900-1970

Retrouvez l'histoire des principaux édifices de la ville. 

My Maps créée par Christine Le Callonec



SOUscription

UN LIVRE : "Dives-sur-Mer, Cité ouvrière - de 1891 aux années 1970"

à réserver dès MARS 2019

Ouvrage collectif dirigé par Pierre Coftier - Éditions Cahiers du Temps, Cabourg - Parution mars 2020

Il est des villes profondément marquées par leur passé, au point de se fondre dans leur histoire. Quand l’histoire est celle d’une usine, elle raconte un monde ouvrier, avec ses prouesses, ses fiertés...

Dives-sur-Mer, transformée en cité ouvrière en 1891, est dans ce cas. L’existence de l’usine a façonné la vie quotidienne des habitants jusqu’aux années 1970, avant les rumeurs de fermeture. Les nombreux témoignages et les photographies confiées par les familles prouvent l’attachement des Divais à leur passé exceptionnel sur cette côte normande touristique.

L’association Un fleuve pour la Liberté, la Dives s’est fixée pour mission, depuis 2013, de collecter et de partager la mémoire ouvrière.

 

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Projet mémoire ouvrière

Plus de 30 ans après la fermeture, l'association "Un fleuve pour la liberté, la Dives" s'attache à retracer l'histoire de la vie dans les cités de Dives-sur-mer et à partager les souvenirs des personnes  y ayant vécu. Le projet est mené avec l'aide de la mairie de Dives et en collaboration avec l'IUT de Caen. Nous collectons des témoignages, documents officiels, photos ou vidéos afin de vous les présenter.

 

Nous tenons à remercier les nombreux témoins qui participent activement à ce projet ainsi que les personnes qui nous soutiennent. 

 

 Vous disposez de documents sur cette histoire ?

PROJET PAYS D'AUGE

N'hésitez pas à consulter l'autre site de l'association dédié à l'histoire de la Libération

Entre l'Orne et la Dives, de juin à septembre 1944 :



Localisation

Mairie de Dives-sur-Mer

8, rue du Général de Gaulle

14160 DIVES-SUR-MER

02 31 28 12 50 


Mémoires d'une cité ouvrière, Dives-sur-mer - 1891-1970

Association "Un fleuve pour la liberté, la Dives"

Dives-sur-mer - Normandie