La Libération

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, quelques Divais observent des avions qui larguent des parachutistes. Certains n’hésitent pas et cachent des soldats alliés pendant des semaines mais leur présence est connue. Début juillet les Allemands procèdent à l’arrestation de résistants qui seront massacrés à Saint-Pierre-du-Jonquet.


le jour j

La colline s’illumine, un Stirling s’est écrasé faisant 28 morts, l’avion brûle toute la nuit. Les Divais sont réveillés, partagés entre la peur et la surprise de voir des parachutistes tomber dans les marais et prairies environnants. Sans hésiter, certains les cachent dans des caves, dans le clocher de l’église ou dans des bâtiments isolés.

 

« Comme la maison tremblait, on est allé dans un fossé derrière les cités et on a vu les parachutistes anglais tomber à trente mètres de nous. Ils étaient perdus. Le Sergent a embrassé ma mère ». 

Albert Crief

 

EF 268 écrasé à Dives - Coll Aitkenhead
EF 268 écrasé à Dives - Coll Aitkenhead

Juillet 1944 - Coll J.Jean
Juillet 1944 - Coll J.Jean

des victimes civiles

Depuis le 6 juin des échanges de tirs ont lieu quotidiennement entre les croiseurs des alliés et les canons allemands installés sur la colline. Des avions alliés et allemands survolent la ville. Le 8 juin, un pilote belge et son avion tombent sur la rue Georges Landry, le 11 juin un avion allemand poursuivi par des avions anglais lâche ses bombes sur les cités blanches faisant 11 morts. On compte une vingtaine de victimes au cours du mois de juin.

 

« Nous avons emmené les brûlés au village Guillaume le Conquérant, et on nous a demandé à Denise Fiant et à moi, de nous en occuper. C’était la première fois, c’était dur, il fallait s’accrocher mais mademoiselle Blavette nous disait « allez les filles, il faut le faire ». Je n’étais pas habituée ».

Marcelle Henri


l'évacuation

L’ordre d’évacuation est donné par les Allemands. Le 17 juillet, à pied parfois à vélo, ils sont nombreux à gravir la colline et rejoindre Annebault, première étape d’un long voyage qui passe par Pont-L’évêque, Blangy ... Certains continuent sur les routes de l’Eure. Les convois sont survolés par les avions, sont parfois bombardés, faisant toujours plus de victimes.

 

« On est partis à pied avec la grand-mère dans la remorque. Comme elle était grande, elle avait les genoux en l’air ! Mon frère et moi, on tirait avec un vélo et une corde. On se retournait pour lui demander : ça va grand-mère ? Elle répondait : ça va mes petiots, je n’ai jamais fait un aussi beau voyage ! ».

Albert Crief

Evacuation avec un camion pour vider les fosses septiques - Coll Pontais
Evacuation avec un camion pour vider les fosses septiques - Coll Pontais

La BRigade piron

 

Les soldats de la Brigade Piron débarqués à Arromanches ont pour mission de libérer la route côtière jusqu’à Honfleur avec la 6ème compagnie aéroportée. Ils arrivent à Cabourg le 21 août, les Allemands ont fait sauter le pont.

« Ordre nous vient : il faut que nous passions la Dives : j’aperçois une barque sur l’autre rive. Hélas la marée est basse et ce n’est qu’un filet d’eau qui coule, le reste de la vase noire ! N’y aura-t-il personne pour se dévouer ? Zut ! J’y vais, on verra bien, cela va… pas trop, car avant d’atteindre le milieu j’enfonce jusqu’à mi-corps ; il est temps de me jeter une corde, sinon je n’écrirais pas ces lignes aujourd’hui ».

Pierre Dufrane – Sergent de la Brigade Piron

 





Mémoires d'une cité ouvrière, Dives-sur-mer - 1891-1970

Association "Un fleuve pour la liberté, la Dives"

Dives-sur-mer - Normandie